Arrière-arrière petite fille d’un photographe, petite fille d’un peintre illustrateur publicitaire, fille d’une dessinatrice styliste de mode et d’un père directeur artistique de Paris Match, Elsa Trillat développe très tôt un regard singulier sur le monde.

À force de passer du temps dans les bureaux du magazine au célèbre slogan « le poids des mots, le choc des photos » elle se retrouve à immortaliser les soirées parisiennes avec Agathe Godard dès l’âge de 16 ans, avant de signer ses premiers photo-reportages.

Quand elle rencontre Sophie Marceau en 1983, l’entente est si belle que le shooting sera le premier d’une longue série. La même année, la jeune photograghe est invitée chez John Travolta, dans son ranch de Santa Barbara, parce qu’il a adoré leur première séance photo.

Au journal, on remarque alors sa capacité à mettre à l’aise les plus réticents et on l’envoie shooter toutes les comédiennes de sa génération, d’Emmanuelle Béart à Sandrine BonnaireFlorence Arthaud, rencontrée en 1986, deviendra une amie proche. A la fin des années 80, Elsa prête son cocker Pop Corn à Vanessa Paradis pour la photo de couverture de Paris Match, Philippe Noiret l’invite à dormir dans sa maison de Carcassonne à chaque reportage et Karen Mulder l’emmène partout avec elle…

Mais le point culminant de la carrière d’Elsa reste la couverture de l’album de Mylène Farmer Ainsi soit je en 1988.
La photo représente la chanteuse avec son double en marionnette, dans une ambiance intimiste aux tons chauds.
Avec le temps, Elsa Trillat a imposé son style. En osmose avec chacun de ses modèles, elle noue un lien sincère pour mieux les révéler à l’image…

Sophie BRUGEILLE